10 septembre 2007
Le nouvel obs commente le livre
Voilà
l'article du Nouvel Obs paru le 6 septembre 2007
Ovations
Le
bon Cortez
«Le français ne vient pas
du latin !», affirme Yves Cortez
(L'Harmattan, 14,50 euros). Très
tôt, les Romains ont parlé un ancien italien; le latin pour eux était une
langue morte; notre français parle vient de l'italien, comme les autres langues
romanes. En les comparant entre elles, Cortez accumule les preuves et les
questions : pourquoi leurs syntaxes se ressemblent-elles tant, tout en étant si
différentes du latin ? Pourquoi les mêmes mots (les plus courants) ont-ils
disparu partout ? Où sont-ils ? Pourquoi ne met-on pas le verbe à la fin,
pourquoi n'y a-t-il plus en français de déclinaisons ni de neutre, alors qu'on
retrouve, dans toutes ces langues, les mêmes articles, les mêmes pluriels, les
mêmes adverbes ? On le subodorait; cette fois, le coup est donné. Il n'y a plus
de fer dans les épinards, le cholestérol ne bouche plus les artères et le
français vient de l'italien. Nous voilà beaux !
Sifflets Le mauvais
Cortez
Nous préférerions tous
descendre de l'italien, que nous comprenons sans l'avoir appris : le latin,
malgré le harnais blanchi, nous est redevenu opaque; on applaudirait donc Yves Cortez - du moins réclamerait-on
un vrai débat avec de bons linguistes, cela existe; mais pourquoi, sous
prétexte qu'il n'est pas du sérail, traîne- t-il dans la boue les «officiels» ? Quel est ce ton de
polémiste agressif ? La démonstration était suffisamment éloquente : il fallait
la faire froidement. D'autant que la raillerie est un art - et Cortez n'est pas
un artiste. Il fallait être élégant, il est lourd; il fallait être économe, il
est prodigue, et ressasse. Avec ses sorties d'avocat forclos, il laisse penser
à son lecteur qu'il est une sorte de collectionneur aigri, monomaniaque, de
ceux qui enfourchent tous les jours leur cheval de bataille, à l'adresse de
piliers de bar résignés. Dommage.
Jacques
Drillon
Le Nouvel
Observateur - 2235 - 06/09/2007
NOTA: Je vous laisse
apprécier, et réagir si vous en ressentez le besoin
