13 janvier 2008

Le système casuel de l'ançien français

:

Le système casuel de l’ancien français est toujours présenté comme une preuve de la transformation progressive du latin en français.

Sylvie Bazin-Tacchella , professeur à l’université de Nancy, reprenant la thèse officielle dans son livre « Initiation à l’ancien français »( Ed Hachette 2001) expose :

« Les substantifs se déclinent en ancien français(…)Cette flexion est un héritage du système latin, très simplifié. Alors que le latin comportait six cas la langue médiévale n’en comporte plus que deux. »

Simplifié, en effet, il l’est le système casuel de l’ancien français, qui selon la norme officielle serait le suivant :
Au cas régime, c’est à dire à tous les cas autres que le nominatif il n’y a pas de différence avec le français contemporain, au cas sujet seul le nominatif masculin se distingue en mettant un « s » au singulier, et aucune désinence au pluriel.

Mon commentaire :

1 . Il faut beaucoup de bonne volonté pour voir un résidu de déclinaison latine dans ce petit « s » qui apparaît de temps en temps dans les textes d’ancien français. Nous parlons là de textes des années 1200 c’est-à-dire écrits seulement 8 siècles après l’effondrement de l’empire romain. Quand on pense que le grec a gardé tous les cas sauf un , et le plus souvent à la lettre près, en 25 siècles ! Le latin ne nous aurait légué qu’un petit « s » comme tout héritage de son abondante déclinaison ! Ils se contentent de bien peu de choses les tenants de la thèse officielle d’une origine latine des langues romanes.

2 . Ce qu’ils appellent pompeusement système casuel, se résume en fait à ceci : Les « déclinaisons » de l’ancien français sont strictement identiques à celles du français contemporain à une différence près : le nominatif masculin, et seulement si les prédicats se terminent par une consonne. Mais pour se raccrocher au latin on présente ce léger marquage du nominatif masculin sous la forme d’un système casuel.

3 . Pour comprendre le « dessous » des choses nous allons analyser la déclinaison des articles définis en ancien français :

Cas sujet           Masculin               Féminin

Singulier              li                         la

Pluriel                  li                         les

Cas régime        Masculin               Féminin

Singulier              le                         la

Pluriel                  les                       les

Je rappelle ( voir mon livre page 61) que les langues romanes se séparent en deux groupes pour ce qui est du pluriel des substantifs. Le groupe des langues parlées en France, en Espagne et au Portugal, et le groupe des langues parlées en Italie et en Roumanie. Les premières font leur pluriel en « s » , les secondes font leur pluriel en « i ». Ce qui m’amenait à conclure que les langues romanes sont issues de la même origine , mais qu’à la marge on pouvait considérer qu’il y avait deux variantes dialectales de l’italien ancien.

On constate que les articles définis de l’ancien français sont identiques à ceux du français contemporain, à la seule exception du nominatif masculin.

Il semblerait que le français ancien témoigne des deux formes dialectales. Pour le nominatif masculin, le français ancien aurait adopté la forme « italo-roumaine » et dans tous les autres cas, la seconde forme. Nous avons bien sous les yeux les deux formes romanes connues.

3 . Autocritique : Ma proposition fonctionne pour les articles définis mais ne nous explique pas la présence d’un « s » au singulier du cas sujet et son absence au pluriel . Est-ce un artifice orthographique des lettrés ? En toute hypothèse voir dans ce malheureux petit « s » comme le fait madame Sylvie Bazin-Tacchella et ses collègues spécialistes de l’ancien français un héritage «  de la deuxième déclinaison latine » c’est croire à l’œuvre du saint-esprit. Je demande aux universitaires de rester dans le strict cadre laïc ! Et surtout de ne pas inventer de traces de latin aussi tirées par les cheveux. 

4 . A se focaliser sur ce petit « s » madame Sylvie Bazin-Tacchella ne voit même pas que la matière sur laquelle elle travaille, l’ancien français, est essentiellement du français contemporain . Voilà bien une preuve vivante de la stabilité des langues. Cet ancien français en 8 siècles ( encore !) nous a transmis sa syntaxe, sa grammaire et 90 % de son vocabulaire, malgré les bouleversements incommensurables que la France a connu pendant ces 8 siècles. Sur le plan grammatical, l’ancien français, lui, nous a transmis beaucoup plus que ce petit « s » résiduel que nous aurait transmis le latin!

Quel manque de discernement, quel enfermement dans le dogme de la part de certains professeurs de l’université. Car si madame Bazin-Tacchella et ses confrères voient dans ce « s » du latin , c’est parce qu’ils raisonnent à l’envers et qu’ils partent du postulat que le français vient du latin. Non , madame. Dites que vous faites l’hypothèse que ce « s » serait un résidu du latin, mais ne présentez pas ce « s » comme une preuve d’une origine latine du français. De grâce de la rigueur. Vous ne démontrez rien, vous dissertez.

En conclusion : Ce qui est présenté comme un système casuel, se résume à la différenciation des masculins au nominatif. Et plus encore, la désinence particulière propre à ce cas est limitée pour les substantifs et les adjectifs aux seuls mots qui se terminent par une consonne. Des spécialistes ont cru voir dans cette désinence particulière un résidu du système casuel du latin. Je vous laisse juge.

Yves Cortez

Bordeaux le 8.01.2008  .

Posté par cortezyves à 20:28 - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur Le système casuel de l'ançien français

    Déclinaisons en Roman

    Comment expliquez-vous qu'en roumain le génitif aie à la fois une fonction de complément du nom mais aussi de complément d'objet indirect ?

    La disparition du cas nominatif en roumain s'explique aisément par le fait que la chute du -s final des mots aie fait fusionner le nominatif et et l'accusatif (comme dans toutes les langues romanes de l'est ou presque y compris l'italien), cependant la persistance du génitif (avec déclinaisons très proches de celles du latin) existe encore dans une langue romane vivante.

    Personnellement je ne crois pas que les déclinaisons du roman avaient totalement disparues lors de son expansion. Mais je ne vois pas la une preuve que le roman est issu de latin. L'hypothèse d'une créolisation avec les langues italienne me semble probable sauf que je pense que le système casuel a existé, a une certaine période en roman, avant d'être délaissé par ses locuteurs, de manière graduelle sur plusieurs siècle et inégalement selon les régions.

    Posté par Stéphane, 03 février 2008 à 23:52 | | Répondre
  • Le latin dit vulgaire

    Le latin vulgaire, langue plus ou moins homogène, n'était en fait que les idiômes osco-ombriens auquel s'était greffé le vocabulaire latin, transportés ensuite dans le reste de l'Empire où les langues celtiques étaient langues des autochtones. Étant donné la similitude des langues celtiques du continent (différentes du celtique insulaire, principalement au niveau de la syntaxe) avec le latin vulgaire, ce dernier a pu être adopté avec facilité dans les provinces où le celtique était encore pratiqué.

    Posté par silvihaut, 10 janvier 2011 à 19:55 | | Répondre
  • Le latin dit vulgaire

    Le latin vulgaire, langue plus ou moins homogène, n'était en fait que les idiômes osco-ombriens auquel s'était greffé le vocabulaire latin, transportés ensuite dans le reste de l'Empire où les langues celtiques étaient langues des autochtones. Étant donné la similitude des langues celtiques du continent (différentes du celtique insulaire, principalement au niveau de la syntaxe) avec le latin vulgaire, ce dernier a pu être adopté avec facilité dans les provinces où le celtique était encore pratiqué.

    Posté par silvihaut, 10 janvier 2011 à 19:56 | | Répondre
  • les origines de la langue Française

    Résumé du livre : Les Origines de la langue Française
    Intitulé « La Nostalgie Française Pour le Pays de Cèdre »
    Dans ce livre je vous mène aux origines de cette langue comment, par qui, ou (lieu) et ainsi que
    par l’existence de différents mots arabe qui ont été écourté ou ayant subi un changement
    presque radicale, dites technologique a notre ère. Des milliers d’idées(*) passent et s’effacent
    l’une annule l’autre, et se renouvellent pleins d’autres lumières. Voici quelques mots parmi les 40
    milles mots arabes dans les langues européennes en particulier dans le français d'après mes
    recherches et découvertes quelques mots ne sont ni historié ou archivé nuls part .Certains
    intellectuels Français rejettent et nient la transmission de la science et le savoir des arabo –
    musulmans vers l’Europe et leurs apport et contribution dans la grammaire, vocabulaire française
    et dans le monde en générale, les preuves sont là. L’étymologie des mots établit surement
    l’histoire des origines du vocabulaire d’une langue.
    Lire certains écrits des historiens Français :
    >.
    Pourquoi la langue française n'est pas une langue latine
    -L'existence des variantes dialectales présentes en France est incompatible avec une origine
    unique, latine, de toutes ces langues ou dialectes, dits "latins".
    -Des variantes dialectales se seraient alors créées, correspondantes aux entités
    politiques(Ottomans) ou de civilisations (islamiques) apparues entre la fin de l'Empire Romain et
    aujourd'hui. >>. Certaines terminaisons des mots écrits en français différent du latin, selon la
    prononciation des libanais et syriens par voie nasale ; quelques terminaisons ée
    ,elou,inii,eli,ehnée ,bedi,bedou,benou,on,sannée,soharée,sakhrée ect. Ils confirment mes
    pensées mais sans nous menés à la vérité, ou apporté la moindre indication sur les origines de
    cette langue(*). Ce qui m’a permis de lancer un défit aux historiens sur les origines de la langue
    française.
    Mes pensées, constatations et analyses des mots, m’ont conduit à l’histoire des premiers pas de
    la langue française (grammaire, vocabulaire, orthographe). Ces créateurs auparavant leurs
    aïeux(*) s’appelés réellement«El-Phiniyinne (artistes-calligraphistes) inventeur d’alphabet » et
    non pas phénicien, ainsi que syriens et Irakiens, à partir du 11ieme.
    Le but est d’avoir une langue propre aux francs et se débarrasser de l’ancien latin (Romain ou dit
    vulgaire) non compris lors des cérémonies religieuses, sur le v oeu d’un chef de la croisade.
    Par ces découvertes ce n’est plus un mythe, le transfert est réel des sciences et savoirs arabes.
    Je laisse l’explication de l’origine des mots suivants: majuscule, minuscule, commissaire,
    commissariat, code, moteur, vélo cycle , horloge, l’été(saison),semaine ,kilomètre, kilogramme,
    automatique , droite, gauche etc. pour la 2eme partie du livre origine des mots français, défiant
    tout chercheur pouvant trouver la signification de ces mots de leur origine arabe.
    De même d’où vient le mot latin, la plus grande découverte est comment les quatre langues
    latines (Française, Italienne, Espagnole, Portugal) ont étés grammaticalisées ou accentuées et
    différenciée l’une de l’autre selon les …………? Par qui ….. ? Et comment……. ?
    Mon but dans ces recherches est de répondre à certains histo-riens et intellectuels, et d’éveiller
    d’autres chercheurs plus compétents dans ce domaine pour réécrire la vraie histoire des originesdu vocabulaire des langues latines et rendre a césar ce qui lui appartient.

    Posté par ibndin, 11 juillet 2011 à 10:52 | | Répondre
  • article un peu faux

    le français vient bien du Latin à 80%, le latin ainsi que pas mal de langue européenes dont le latin vient du Latin. En tout cas, c'est que ma appris ma prof de latin.

    Posté par lolo, 28 octobre 2011 à 21:23 | | Répondre
  • article un peu faux

    le français vient bien du Latin à 80%, le latin ainsi que pas mal de langue européenes dont le latin vient du Latin. En tout cas, c'est que ma appris ma prof de latin.

    Posté par lolo, 28 octobre 2011 à 21:23 | | Répondre
  • article un peu faux

    le français vient bien du Latin à 80%, le latin ainsi que pas mal de langue européenes dont le latin vient du Latin. En tout cas, c'est que ma appris ma prof de latin. Et que ce sont les mots qui sont tirés du latin (c.f à la phrase d'avant)

    Posté par lolo, 28 octobre 2011 à 21:25 | | Répondre
  • Le français n'est pas le rejeton du latin

    Après 50 années passées au service du latin, à l'étude de son étymologie, de son richissime vocabulaire, de sa syntaxe, voici quelle est ma conclusion.

    Le mode de pensée du latin est TRES différent du français, y compris du français du Moyen-Age par exemple. Au-delà de ce qui est bien connu comme les déclinaisons ou les 3 genres, l'ordre des mots n'a rien à voir avec le français, l'anglais, l'espagnol ni avec aucune langue moderne.

    Par exemple on place le verbe en fin de phrase ce qui beaucoup plus judicieux car le verbe marque l'action et la plupart du temps c'est la partie primordiale de la phrase.

    Les linguistes (et les politiciens) savent parfaitement qu'on a tendance à retenir et à reprendre la fin d'un phrase et non le milieu ou le début.

    Si je dis : J'ai été mordu par un chien qui court dans la rue, on va me répondre "Dans quelle rue ?" ou "Y est-il encore ?". Mais si je dis : J'étais dans la rue lorsqu'un chien qui courait m'a mordu, on va me répondre "Vous souffrez ?" ou même "faites-voir"

    Je m'ennuie profondément avec les langues modernes, je regrette leur manque d'acuité, leurs ambigüités, la PAUVRETE de leur vocabulaire (quoiqu'on en dise).

    Oh non, le français n'est pas le rejeton du latin, ce ne peut être !

    Posté par martin, 09 mars 2013 à 21:33 | | Répondre
  • Le français n'est pas le rejeton du latin

    Après 50 années passées au service du latin, à l'étude de son étymologie, de son richissime vocabulaire, de sa syntaxe, voici quelle est ma conclusion.

    Le mode de pensée du latin est TRES différent du français, y compris du français du Moyen-Age par exemple. Au-delà de ce qui est bien connu comme les déclinaisons ou les 3 genres, l'ordre des mots n'a rien à voir avec le français, l'anglais, l'espagnol ni avec aucune langue moderne.

    Par exemple on place le verbe en fin de phrase ce qui beaucoup plus judicieux car le verbe marque l'action et la plupart du temps c'est la partie primordiale de la phrase.

    Les linguistes (et les politiciens) savent parfaitement qu'on a tendance à retenir et à reprendre la fin d'un phrase et non le milieu ou le début.

    Si je dis : J'ai été mordu par un chien qui court dans la rue, on va me répondre "Dans quelle rue ?" ou "Y est-il encore ?". Mais si je dis : J'étais dans la rue lorsqu'un chien qui courait m'a mordu, on va me répondre "Vous souffrez ?" ou même "faites-voir"

    Je m'ennuie profondément avec les langues modernes, je regrette leur manque d'acuité, leurs ambigüités, la PAUVRETE de leur vocabulaire (quoiqu'on en dise).

    Oh non, le français n'est pas le rejeton du latin, ce ne peut être !

    Posté par martin, 09 mars 2013 à 21:33 | | Répondre
Nouveau commentaire