Le français ne vient pas du latin

Le livre "Le français ne vient pas du latin, essai sur une aberration linguistique" (Yves Cortez, édition L'Harmattan), est plus qu'un pavé dans la mare, c'est une révolution linguistique. Non, les Romains ne parlaient pas latin mais italien!

22 mai 2008

Latin vulgaire et latin classique

Deux thèses sont en présence :

-         La thèse officielle qui fait dériver les langues romanes d’un latin vulgaire, thèse officielle défendue et enseignée par toutes les universités

-         La thèse de Yves Cortez, qui défend l’idée que, ce qui est appelé « latin vulgaire » est en fait une langue très différente du latin, mais très proche de l’italien et  qui ne dérive pas du latin.

Monsieur J.K Domene, docteur en linguistique, s’indigne dans un commentaire paru dans ce blog, que l’on puisse soutenir un point de vue qui a fait l’objet de tant et tant de publications et qui fait l’unanimité de tout temps.

Pourtant la position officielle n’est pas aussi solide qu’il y paraît.

Je pose à Jose Fernando Domene , à Michel Banniard, à Henriette Walter et à Alain Rey, entre autres représentants de l’orthodoxie, les questions très simples et très concrètes suivantes :

1 . Pourquoi en pleine apogée de l’empire romain, et à une époque où les Romains ont établi des écoles aux quatre coins de l’empire, la littérature latine dépérit et ne produit plus , que très exceptionnellement, de textes « vivants » (romans et pièces de théâtre ) ?

2 . Pourquoi les Romains ne parlent jamais de latin vulgaire, mais de langue vulgaire ? Les Romains mentionnent bien l’existence d’une langue populaire, mais pas d’un latin déformé.

3 . Pourquoi , si l’italien et le français viennent de la même langue mère, le français ressemble plus à l’italien qu’à sa langue mère, le latin ? Alors que l’une et l’autre langue auraient dû dériver chacune de la langue mère, l’une gardant des traits que l’autre n’aurait pas gardé.

J’attends sur ce point une réponse précise. Ainsi pourquoi le genre neutre , les adjectifs verbaux , la forme passive, tous les verbes déponents , etc etc…ont disparu également dans les deux langues ? Comment, dans des contextes historiques totalement différents, l’italien et le français auraient-ils pu se transformer de la même manière ?

4 . Pourquoi, en appliquant le principe très simple de la reconstruction de la langue mère, on ne remonte pas au latin ? Des linguistes de grande renommée ont déjà depuis longtemps mis ce pont en évidence.

5 . Pourquoi la grammaire grecque en 25 siècles a si peu évolué malgré que la Grèce ait été envahie pendant de nombreux siècles par des puissances étrangères.

6 . Pourquoi l’ancien français et l’espagnol ancien nous rapprochent de l’italien et non pas du latin ?

Je me contente de ces quelques questions, mais la liste de nos interrogations aurait pu s’allonger encore. Ce sont ces questions auxquelles la théorie officielle ne donne pas de réponse.

Merci aux protagonistes de la théorie officielle de répondre point par point à ces 6 questions, simplement et concrètement.

Bordeaux le 22 mai 2008-05-22

Yves Cortez

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11 mai 2008

El castellano antiguo - L'espagnol ancien

L’ESPAGNOL ANCIEN

( El castellano antiguo)

L’espagnol ancien nous est connu par de nombreux textes , entre autres: « El  mio Cid », « El poema de Fernan Gonzales », « Los siete infantes de Lara », « El clerigo ignorante »  de Gonzalo de Berceo…Ces écrits qui datent pour la plupart des alentours du XIII° siècle sont très faciles à lire. En effet, près de 95% du vocabulaire de cette époque est identique au vocabulaire de l’espagnol contemporain. A titre d’exemple nous donnons un extrait du poème  du Cid avec la traduction en espagnol contemporain:

Ya, Senor glorioso, Padre que en çielo estas

(oh, senor glorioso, Padre que en cielo estas)

Fezist cielo e tierra, el terçero el mar

(hiciste cielo y tierra, el tercero el mar)

Fezist estrellas e luna, el sol pora escalentar

(hiciste estrellas y luna, el sol para calentar)

Prisist encarnacion en Santa Maria Madre

(te encarnaste en Santa Maria Madre)

En Beleen apareçist, commo fue tu veluntad

(en Belen aparaciste como fue tu voluntad)

Voici maintenant un extrait du texte des « Los siete infantes de Lara »

Cuando esto oyo Gonçalo Gonzales pesole mucho de corazon e non lo pudo sofrir, e dexose ir para el a tan bravamiente, que mas no pudo, e diole una tan grant punada en el rostro, que los dientes e las quixadas le crebanto, de guisa que luego cayo muerto en tierra a los pies del caballo.

L’analyse des textes écrits en espagnol ancien , dont nous avons donné un bref aperçu ci-dessus , appellent trois remarque d’importance :

1 . En l’espace de 700 ans l’espagnol a très peu évolué. Ceci ne nous étonne pas, tant la faible transformation des langues dans le temps est une constante universelle, et ceci vaut tout particulièrement pour les langues romanes. L’exemple espagnol est un exemple supplémentaire à ceux déjà exposés dans mon livre et qui rend très improbable la transformation radicale que le latin aurait subi sur les plans de la syntaxe, de la grammaire, et du vocabulaire pour devenir du castillan dans les  700 années qui vont de la chute de l’empire romain à l’apparition des premiers textes romans, alors que dans les 700 ans années suivantes le castillan n’aurait connu pratiquement aucun changement. N’y a t’il pas eu autant de bouleversements, de mélanges de population, et de guerres pendant ces deux périodes ?

2 . L’ espagnol ancien n’apparaît pas comme un stade de la langue intermédiaire entre le latin et l’espagnol. En effet , on pourrait penser que si l’espagnol vient du latin, plus on remonte dans la temps et plus on devrait trouver de traces de latin. Or à y regarder de très près, et sans a priori, les différences que nous observons nous rapproche de l’italien et non du latin dans l’immense majorité des cas. J’ai étudié avec beaucoup d’intérêt ce qu’en disent les universitaires espagnols et je suis frappé par leur acharnement à inventer une origine latine à tous les mots d’espagnol ancien, au besoin en invoquant de fort improbables glissements phonétiques et sémantiques.

Je vous donne ci-dessous la comparaison entre les vocabulaires de l’espagnol ancien, de l’italien et de l’espagnol contemporain.

Espagnol ancien ( italien / espagnol contemporain )

E ( e / y )

Après ( presso / cerca )

Asas ( assai / bastante )

Cama ( gamba / pierna

Suso ( su / arriba )

Yuso ( giu / abajo )

Brial ( braca / tunica )

Puorta (porta / puerta )

Començar (cominciare /empezar )

Otrosi ( altresi / tambien )

Oras ( ora / ahora )

Remanir ( rimanere / quedar )

Taido ( tagliato / tajado )

Semejar ( somigliare / parecer )

Aguardar ( guardare / mirar )

Vibda ( vevova / viuda )

Colpe ( colpo / golpo )

Cuer ( cuore / corazon )

Do ( dove / donde )

Estrena ( strenna /dadiva )

Falifa ( felpa / pellica )

Guarir ( guarire/ salvar )

Tirar ( tirare / sacar )

Guisa ( guisa / modo )

Luene ( lon.tano / lejos )

Maguer ( magari / aunque )

Mas ( mai / jamas )

Meter ( mettere / colocar )

Je vous laisse apprécier l’étonnante ressemblance à l’italien des mots de l’espagnol ancien qui n’ont plus cours aujourd’hui. Je n’ai pas cherché à faire une sélection particulière. Je me suis contenté de puiser le vocabulaire dans les textes anciens classiques et je n’ai rencontré que très exceptionnellement des mots qui ressemblaient plus au latin qu’à l’italien.

Si vous ajoutez à ces ressemblances de vocabulaire celles de la grammaire et de la syntaxe, la ressemblance à l’italien paraît encore plus saisissante !

Conclusion :  L’espagnol, comme toutes les langues romanes, ne vient pas du latin par l’effet d’un bouleversement total de cette langue dans un laps de temps très court, mais de l’italien. Le vocabulaire latin que l’on trouve en abondance en espagnol, comme dans toutes les autres langues latines, provient d’emprunts à la langue savante .

Posté par cortezyves à 08:56 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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